Souder l’inox au TIG : le guide complet pour réussir sa soudure au tig inox
Réussir une soudure au tig inox exige une préparation rigoureuse et les bons réglages.
- Nettoyage inox : dégraissage acétone + brosse dédiée.
- Baguette 308L pour inox 304, 316L pour 316.
- Électrode tungstène et arc : distance de 2 à 4 mm.
- Gaz argon : protège bain de fusion et électrode.
- Décapage sur 20 à 30 mm pour un cordon net.
Comprendre le soudage TIG : principe de fonctionnement du procédé 141
Le soudage TIG (appelé aussi procédé 141 ou GTAW) est un procédé à l’arc électrique utilisant une électrode non fusible en tungstène. Apparu en 1940 pour les besoins de l’industrie aéronautique, il consiste à créer un arc entre l’électrode et la pièce à souder, maintenue à une distance de 2 à 4 mm.
Un gaz inerte, généralement l’argon, protège le bain de fusion et l’électrode de toute contamination atmosphérique. L’arc est amorcé par haute fréquence (HF) ou par la méthode Lift, sans contact direct avec la pièce.
Contrairement au soudage MIG ou MMA, le TIG n’apporte pas de métal automatiquement. Le soudeur guide manuellement la baguette d’apport, ce qui offre un contrôle très précis, particulièrement apprécié pour l’inox.
Maîtriser le soudage TIG sur inox : spécificités techniques de la soudure au tig inox

Préparation et nettoyage de l’inox avant soudage
La réussite d’une soudure au tig inox repose d’abord sur une préparation rigoureuse de la surface. Un acier inoxydable sale ou oxydé compromet la stabilité de l’arc et la qualité du cordon. Suivez ces étapes essentielles :
Dégraissage inox obligatoire : utilisez un solvant adapté (acétone ou alcool) pour éliminer toute trace de graisse, huile ou marqueur.
Brossage avec outil inox dédié : une brosse en inox réservée uniquement à cet usage évite la contamination par des particules d’acier standard.
Suppression oxydation et impuretés : poncez légèrement la zone à souder pour retirer la couche d’oxyde superficielle qui gênerait la fusion.
Propreté absolue pour éviter porosités : la moindre impureté crée des inclusions gazeuses dans le bain de fusion, fragilisant le cordon.
Pensez également à décaper mécaniquement les bords sur une largeur de 20 à 30 mm de part et d’autre de la soudure. Cette préparation minutieuse garantit un cordon net, sans piqûres, et préserve la résistance à la corrosion de votre pièce en inox.
Choix du métal d’apport selon la nuance d’inox
Le choix de la baguette d’apport dépend directement de la nuance d’inox à souder. Une erreur de sélection peut entraîner une perte de résistance mécanique ou une corrosion prématurée du joint. Voici les correspondances principales à connaître.
Pour un inox 304 (nuance courante d’usage général), utilisez un fil d’apport ER308L ou 308L. Ce métal d’apport offre une excellente résistance à la corrosion et des propriétés mécaniques équivalentes au métal de base. La version “L” (Low carbon) limite les précipitations de carbures lors du refroidissement.
Pour un inox 316 (nuance résistante à la corrosion en milieu acide ou chloré), choisissez un apport ER316L ou 316L. Ce filler contient du molybdène, garantissant au cordon une tenue identique à celle du métal de base face aux agressions chimiques.
Lorsque vous soudez deux nuances différentes entre elles, privilégiez toujours l’apport correspondant à la nuance la plus exigeante. Pour les assemblages d’inox avec de l’acier doux, un apport 309L s’impose, mais cette configuration dépasse le cadre du tig inox standard.
La soudure autogène (sans métal d’apport) reste possible sur des épaisseurs maximales de 3 millimètres. Au-delà, l’apport devient indispensable pour combler le bain de fusion et éviter les sous-épaisseurs. Pour les tôles fines, le TIG autogène produit des cordons discrets et esthétiques, idéaux pour les chaudronneries fines ou les joints apparents en architecture.
Les avantages et inconvénients du TIG pour l’inox
Le soudage TIG s’impose comme la référence pour l’assemblage de l’inox, notamment lorsque l’exigence porte sur la qualité et l’esthétique du cordon. Ce procédé offre un contrôle inégalé du bain de fusion, mais demande une certaine maîtrise technique. Pour décider si cette méthode correspond à vos besoins, voici une comparaison objective de ses forces et de ses faiblesses.
| Critère | Avantage TIG inox | Limite du procédé |
|---|---|---|
| Qualité du cordon | Rendu lisse, net, sans projections | Risque de porosités si protection négligée |
| Déformations thermiques | Apport de chaleur très concentré et limité | Vitesse d’exécution plus lente qu’en MIG |
| Précision du geste | Contrôle parfait sur pièces fines et délicates | Nécessite un geste sûr et une main entraînée |
| Étanchéité | Cordon dense, idéal pour cuves et tuyauteries | Protection envers du cordon souvent obligatoire |
| Nettoyage après soudage | Aucun meulage ni reprise esthétique nécessaire | Préparation et dégraissage préalables stricts |
Au-delà de ces critères techniques, le TIG est le seul procédé manuel qui permette de souder des tôles inox de faible épaisseur sans risque de brûlure. Pour des pièces de moins de 3 millimètres, il surpasse nettement le MIG ou le MMA, qui apportent trop de matière et d’énergie. C’est pourquoi il est privilégié dans des secteurs exigeants comme l’agroalimentaire ou les équipements médicaux, où chaque soudure doit allier hygiène, robustesse et finition irréprochable.
La principale difficulté réside dans l’apprentissage. Gérer la torche d’une main et le métal d’apport de l’autre demande de la coordination. Rajoutez à cela la nécessité de maintenir une distance électrode/pièce constante de 2 à 4 mm et une inclinaison de torche de 15° dans le sens de l’avancement : la prise en main est exigeante pour un débutant.
Enfin, le facteur économique n’est pas neutre. L’investissement dans un poste de qualité, les consommables et le temps passé par mètre de soudure rendent ce procédé plus coûteux que le MIG. Mais pour des assemblages critiques en inox, le TIG reste un choix techniquement supérieur.
S’équiper pour la soudure au tig inox : matériel, équipement et réglages du poste
Le poste à souder et la torche TIG
Pour souder l’inox au TIG, l’équipement de base se compose d’un générateur de courant continu (DC) avec amorçage haute fréquence (HF) ou Lift, d’une torche TIG adaptée, d’électrodes en tungstène affûtées et d’une bouteille de gaz argon. Voici les éléments essentiels à réunir :
Générateur courant continu avec HF : l’amorçage haute fréquence crée l’arc sans contact, idéal pour préserver la propreté du bain de fusion sur inox
Torche refroidie air ou eau : la version air convient pour les faibles intensités ; l’eau devient nécessaire dès que l’ampérage dépasse 150 A en usage prolongé
Consommables : tungstène et buses : électrode affûtée en pointe, buse en céramique ou en verre pour guider le flux de gaz
Poste AC/DC nécessaire pour aluminium : si vous prévoyez de souder aussi l’alu, choisissez d’emblée un poste TIG AC/DC
L’inox se soude en courant continu négatif (DC-), l’électrode étant reliée à la borne négative. Ce réglage concentre la chaleur sur la pièce et préserve le tungstène.
Les réglages essentiels du poste TIG
Pour réussir une soudure au tig inox propre, trois paramètres doivent être ajustés avec soin. L’intensité dépend directement de l’épaisseur de la tôle : comptez environ 1 A par centième de millimètre, soit 50 A pour une tôle de 0,5 mm. La distance entre l’électrode et la pièce doit rester comprise entre 2 à 4 mm pour un arc stable et concentré.
L’inclinaison de la torche joue également un rôle clé. Dans le sens de l’avancement, penchez la torche à 15° ; pour un soudage latéral, augmentez à 20° ; et pour travailler en angle, adoptez une inclinaison de 45°. Cette position garantit une bonne visibilité du bain et une protection gazeuse efficace.
Le débit de gaz se règle entre 7 à 12 l/min selon les conditions. Avant chaque passe, vérifiez que le tungstène est correctement affûté : pour l’inox, une pointe fine et légèrement arrondie à l’extrémité offre le meilleur compromis entre stabilité d’arc et pénétration. En cas de doute sur vos réglages, n’hésitez pas à contacter une assistance technique au 02 97 80 78 91 pour un conseil personnalisé.
Les gaz de protection pour le soudage TIG de l’inox
- Argon pur : le gaz roi pour des résultats optimaux sur inox
- Doubles fonctions : protège le bain de fusion et l’électrode de l’air
- Débit standard : 7 à 12 l/min selon les conditions
- Mélange argon-hélium : pour les fortes épaisseurs d’inox
- Inertage envers : obligatoire pour les tubes et profilés
Le choix du gaz de protection est déterminant pour la qualité de votre soudure au tig inox. L’argon pur reste la référence absolue : il offre une stabilité d’arc remarquable et une protection efficace du bain de fusion, même sur des pièces fines. Pour la majorité des travaux courants sur inox, un débit de 7 à 12 l/min suffit amplement à créer une atmosphère inerte autour de la zone de soudage.
Le gaz assure une double fonction essentielle : il protège le bain de fusion encore liquide de l’oxydation atmosphérique, mais aussi l’électrode de tungstène portée à haute température. Sans cette protection, l’inox s’oxyde instantanément au contact de l’oxygène, créant des porosités et un cordon noirci inesthétique.
Adapter le gaz à l’épaisseur de la pièce
Pour les tôles fines jusqu’à environ 3 millimètres, l’argon pur donne entière satisfaction. En revanche, dès que l’épaisseur augmente, un mélange argon-hélium améliore sensiblement la pénétration. L’hélium apporte un arc plus chaud et plus énergétique, utile pour souder des pièces massives sans multiplier les passes. À titre indicatif, certains gaz ternaires comme l’Inoxline He3 H1 contiennent 3% He et 1,5% H₂ pour optimiser la fluidité du bain sur les fortes sections.
La protection envers : une étape non négociable
Souder un tube inox sans protéger sa face interne équivaut à compromettre toute la tenue à la corrosion de l’ouvrage. L’inertage envers consiste à insuffler un débit d’argon à l’intérieur du tube pendant toute la durée du soudage. Cette purge chasse l’oxygène et empêche la formation de calamine sur la racine du cordon, phénomène appelé « croquette » qui fragilise l’inox sur le long terme.
Une soudure correctement réalisée avec un gaz adapté présente une teinte uniforme allant du doré clair au bleu pâle, signe d’une protection optimale. Un cordon gris ou noir indique une protection insuffisante : augmentez alors le débit ou vérifiez l’étanchéité de votre système de purge.
Pour toute question technique sur le choix de votre gaz ou de vos consommables, n’hésitez pas à contacter notre assistance au 02 97 80 78 91.
Les électrodes tungstène : choisir, préparer et affûter pour l’inox
L’électrode en tungstène est le cœur de l’arc en soudage TIG. Contrairement au procédé MIG/MAG, elle ne fond pas (ou très peu) pendant le soudage. C’est elle qui supporte la chaleur de l’arc, et son choix conditionne directement la stabilité de votre soudure au tig inox. Une électrode bien choisie et correctement préparée vous garantit un arc stable, un cordon net et une pièce préservée de toute contamination.
Les différents types d’électrodes tungstène
Le choix de l’électrode dépend du métal à souder. Pour l’inox, toutes les électrodes ne se valent pas.
- Tungstène thorié (rouge) : référence pour souder l’acier inoxydable et les aciers. Il supporte de fortes intensités et offre un arc très stable.
- Tungstène cérité ou lanthané : des alternatives polyvalentes, souvent appréciées pour leur amorçage facile à basse intensité. Elles conviennent parfaitement à l’inox.
- Tungstène pur (vert) ou zirconié (blanc) : à réserver exclusivement au soudage de l’aluminium avec courant alternatif.
Affûtage et préparation : les gestes qui changent tout
Un affûtage soigné est essentiel pour obtenir un arc stable et concentré. L’affûtage doit être réalisé dans le sens longitudinal de l’électrode, jamais perpendiculairement. Des stries transversales créeraient des instabilités d’arc et des projections.
Pour le soudage de l’inox, l’extrémité doit être arrondie après l’affûtage. Cette forme en pointe émoussée évite que des particules de tungstène ne se détachent dans le bain de fusion, ce qui créerait des inclusions.
Enfin, utilisez une meuleuse dédiée exclusivement à l’affûtage du tungstène. Un broyage dédié évite les contaminations croisées : les résidus d’autres métaux (fer, aluminium) sur la meule pollueraient votre électrode et, par ricochet, votre soudure inox.
