Coup d’arc dans les yeux : symptômes, urgence et protection oculaire du soudeur

Le coup d’arc est une brûlure de la cornée par les UV de l’arc électrique.

  • Kératite aiguë superficielle touchant souvent les deux yeux.
  • Symptômes : rougeur, douleur vive, photophobie, larmoiement.
  • Apparition différée jusqu’à 10h après l’exposition.
  • Urgence : lavage au sérum physiologique immédiat.
  • Prévention : casque à verre filtrant et écrans latéraux anti-UV.
  • Consultation ophtalmologique si ça ne s’améliore pas après 48h.

Prévention et protection oculaire du coup d’arc (EPI, masques, verres filtrants)

Le coup d’arc survient lorsque l’œil est exposé au rayonnement ultraviolet intense émis par un arc électrique. Au moment du soudage, la tension électrique entre l’électrode et la pièce crée un arc d’une luminosité extrême. Le gaz de protection s’ionise alors et se transforme en plasma conducteur, libérant des UV particulièrement nocifs pour la cornée. Se protéger les yeux n’est donc pas une option, mais la base du métier.

La population à risque ne se limite pas aux professionnels confirmés. Les novices, les néophytes et les bricoleurs soudeurs sont tout aussi exposés, souvent parce qu’ils sous-estiment le danger d’un simple “coup d’œil” pour vérifier la soudure. Les procédés TIG et MIG/MAG, très courants, génèrent eux aussi un arc intense qu’il faut filtrer correctement.

Les équipements de protection indispensables

  • Casque à verre filtrant : obligatoire pour souder, il bloque les UV dès l’amorçage.
  • Écrans latéraux anti-UV : protègent contre les rayons qui contournent le verre frontal.
  • Verres de teinte adaptée : la teinte doit correspondre à l’intensité du procédé utilisé.
  • Masque de soudage conforme : vérifiez le marquage normatif avant chaque utilisation.
  • Protection des observateurs : toute personne présente dans l’atelier doit porter des lunettes filtrantes.

Un simple écran de protection mal ajusté, une teinte trop faible ou un casque emprunté sans vérification suffisent à laisser passer les UV responsables de la photokératite. Le port des EPI doit être systématique, même pour une soudure de quelques secondes.

Symptômes du coup d’arc (douleur, rougeur, larmoiement, photophobie)

coup d arc dans les yeux

Le coup d’arc provoque une kératite aiguë superficielle, une inflammation de la cornée qui touche généralement les deux yeux, même si l’atteinte peut rester asymétrique. Les signes associent une rougeur oculaire, une douleur vive et une photophobie marquée, cette gêne intense à la lumière.

S’ajoutent un larmoiement important, des spasmes des paupières (blepharospasme) et parfois une baisse d’acuité visuelle. Le tableau peut apparaître de façon différée, jusqu’à 10h après le traumatisme, ce qui surprend souvent le soudeur qui ne relie pas immédiatement ses symptômes à l’exposition.

La douleur, souvent décrite comme une sensation de sable dans les yeux, atteint son maximum quelques heures après l’exposition. Si les signes ne s’améliorent pas après 48h, une consultation ophtalmologique devient nécessaire pour écarter une atteinte plus grave.

Traitement du coup d’arc (collyres, antalgiques, repos oculaire)

Geste immédiat : lavage et anesthésie en urgence

  • Lavage sérum physiologique immédiat pour éliminer les résidus et calmer la surface oculaire.
  • Collyre anesthésiant TETRACAINE, une goutte instillée par le médecin pour soulager rapidement.
  • Jamais d’autoprescription d’anesthésiant : un collyre anesthésiant ne se prescrit pas au patient.

Le lavage oculaire au sérum physiologique constitue le premier réflexe après une exposition à l’arc. Il permet de rincer l’œil et de réduire la sensation de brûlure avant l’arrivée aux urgences.

En milieu médical, l’instillation d’une goutte de TETRACAINE® apporte un soulagement quasi immédiat. Attention toutefois : ce collyre anesthésiant ne doit jamais être remis au patient pour un usage à domicile, car il masque les symptômes et retarde la cicatrisation.

Traitement cicatrisant et suivi ophtalmologique

Une fois l’urgence passée, le traitement repose sur un collyre cicatrisant à la vitamine A, à raison d’1 goutte 3 fois par jour pendant 5 jours. Ce protocole favorise la régénération de l’épithélium cornéen lésé par les UV.

Des antalgiques peuvent être associés pour contrôler la douleur, souvent intense les premières heures. Le repos oculaire (pièce sombre, évitement des écrans, port de lunettes de soleil) reste indispensable pendant cette phase.

Si aucune amélioration n’apparaît dans les 48h, une consultation chez l’ophtalmologue s’impose. Ce délai permet de vérifier l’absence de lésion plus profonde et d’adapter la prise en charge. La guérison survient généralement en quelques jours, sans séquelle, à condition de respecter le suivi.

Causes et rayonnements en cause (UV, arc électrique)

Le coup d’arc résulte d’une exposition brutale au rayonnement ultraviolet intense émis par l’arc électrique. Lors du soudage à l’arc, la tension électrique entre l’électrode et la pièce ionise le gaz de protection, ce qui crée un plasma conducteur et un arc d’une luminosité extrême. Cet arc libère des UV très puissants, capables de brûler la cornée en quelques secondes seulement.

Contrairement à une idée reçue, il n’est pas nécessaire de fixer l’arc directement pour être touché. Le rayonnement UV se réfléchit sur les surfaces claires (murs, métal, eau) et peut atteindre les yeux d’un observateur situé à plusieurs mètres. Les procédés TIG et MIG/MAG figurent parmi les plus émissifs, mais tout arc électrique expose à ce risque.

Un point essentiel explique le caractère trompeur de l’accident : l’exposition est indolore sur le moment. Les lésions se développent silencieusement, et les premiers symptômes peuvent n’apparaître que jusqu’à 10h après le traumatisme. C’est précisément ce délai qui surprend les soudeurs, surtout les novices et bricoleurs occasionnels, moins sensibilisés au port systématique d’une protection filtrante.

Qu’est-ce que la photokératite (coup d’arc) ?

La photokératite, appelée aussi coup d’arc ou œil du soudeur, est une kératite aiguë superficielle provoquée par une exposition intense aux rayonnements ultraviolets. C’est une véritable brûlure de la cornée, la fine couche transparente qui recouvre l’œil.

Cette atteinte survient typiquement lors du soudage à l’arc électrique, chez les professionnels comme chez les bricoleurs ou novices. Elle est aussi associée à l’ophtalmie des neiges, provoquée par le reflet du soleil sur la neige ou l’eau. Les deux mécanismes sont identiques.

Le tableau clinique est bien décrit : rougeur, douleur, photophobie et larmoiement, souvent bilatéraux et asymétriques. Il est référencé par la classification médicale Article 21-200-D-10 et documenté dans la Revue EMC Ophtalmologie.

Conduite à tenir et premiers secours en urgence

Un coup d’arc ne se manifeste pas toujours immédiatement. Les symptômes peuvent apparaître jusqu’à 10h après l’exposition, ce qui surprend souvent le soudeur qui ne fait pas le lien avec son geste. Dès les premières sensations d’inconfort, appliquez les bons réflexes sans attendre.

  • Lavage oculaire au sérum physiologique : rincez abondamment, sans frotter, pendant plusieurs minutes.
  • Retirer lentilles si possible : ôtez les lentilles de contact pour éviter l’aggravation de l’irritation.
  • Obscurité et repos : installez-vous dans une pièce sombre et fermez les yeux le plus possible.
  • Consulter si 48h : sans amélioration après 48h, consultez un ophtalmologue.

Pourquoi la douleur monte en différé

Le délai d’apparition explique la confusion fréquente chez les bricoleurs et les novices. Une exposition brève à l’arc électrique peut passer inaperçue, puis les lésions de la cornée se révèlent quelques heures plus tard. Cette latence rend l’auto-diagnostic difficile et justifie une surveillance attentive jusqu’à 10h après le traumatisme.

Quand consulter sans attendre

Ne restez jamais seul face à des symptômes qui s’aggravent. Si la douleur devient insupportable, si la baisse d’acuité visuelle persiste ou si le blepharospasme (contraction involontaire des paupières) vous empêche d’ouvrir l’œil, la consultation devient indispensable. Le seuil des 48h reste la limite au-delà de laquelle l’avis d’un spécialiste ne doit plus être différé.

Notes de rédaction pour le rédacteur

Cette section couvre en priorité l’urgence immédiate et les gestes de premier secours. Elle ne revient pas en détail sur les traitements médicamenteux, traités dans la section dédiée. Les données chiffrées sur la posologie des collyres et le suivi ophtalmologique sont développées ailleurs dans l’article.





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